mercredi 18 janvier 2023

Le Bon Dieu en Taxi - Paul Aquin (1959 - 1965 environ)


Photos: BAnQ Archives La Presse

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dimanche 25 mars 2018

Manifestation des Chauffeurs de Taxi - 2 Juin 1967

  Sur la voie de service de l'autoroute Bonaventure avec les gradins de l'Autostade en arrière plan. Tous les deux maintenant disparus.


Photos: Archives La Presse, Jean-Yves Létourneau

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mercredi 3 février 2016

Taxi SOS - Plymouth Fury 1969

Photo: Philippe Dumais, Archives de la Ville de Montréal
 Sur la rue Notre-Dame, près de la place Jacques Cartier le 19 septembre 1969.

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samedi 25 juillet 2015

Taxi Champlain - Peugeot 505

Photo: The Montreal Gazette
 Sur la rue Prince-Arthur au coin de la rue Hutchison le 28 mars 1985.
Vers le milieu des années 70, suite à la première crise pétrolière, plusieurs chauffeurs de taxis nord-américains ont adopté la Peugeot 504. À l'époque, c'était une des seules voitures disponible équipée d'un moteur 4 cylindres diesel. J'en ai côtoyé quelques-uns au poste d'attente du Spot Bowling à Cartierville. C'était en 1974-76, je travaillais comme chauffeur pour Taxi SOS, et les chauffeurs de Peugeot étaient pour la plupart des anciens de Cartierville Taxi. Au début des années 80 le modèle 505 l'a remplacé mais proposait toujours la motorisation diesel en option. Même les fameux Yellow Cabs new-yorkais les ont utilisés.

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lundi 13 mai 2013

Taxi SOS et Taxi Diamond - 1979















Photo: Adrien Hubert

Deux Plymouth, un Satellite 1974 identifié à taxi SOS et un Caravelle 1979 portant l'enseigne de taxi Diamond rue St-Denis au sud de Rosemont en 1979.

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mercredi 17 avril 2013

Années 80 - Racisme dans L'Industrie du Taxi à Montréal

À mes débuts comme répartiteur chez taxi Diamond en 1977 le client était Roi. Il pouvait même se permettre de spécifier la couleur du chauffeur. Les papiers de commande des téléphonistes nous arrivaient avec la mention "pas de noir" et lors de la répartition, si l'accent du chauffeur à la radio nous semblait "exotique", on lui disait qu'on était désolé, mais qu'on devait passer au suivant. Généralement, les chauffeurs visés ne rechignaient pas car ils savaient très bien que si ils se présentaient quand même chez le client, ils se feraient envoyer promener vertement. Cela ne dura que quelques années et la mention raciste fût bientôt bannie chez Diamond. C'était pire ailleurs. D'autres compagnies n'engageaient tout simplement pas de chauffeurs noirs.

En 1982 la compagnie SOS licencia une vingtaine de chauffeurs noirs sous prétexte qu'ils perdaient leur clientèle au profit de compagnies qui n'engageaient que des chauffeurs blancs. Ce qui était vrai. Le directeur de la compagnie Hochelaga l'avoua sur les ondes d'une ligne ouverte cette année là et fût victime d'un attentat dans le stationnement du centre d'achat Les Galeries D'Anjou. Il reçut 2 balles dans une jambe. Devant le tollé médiatique, SOS proposa de réembaucher les chauffeurs. (The Montreal Gazette, 13 Juillet 1982)

En 1983 la Commission des Droits de L'Homme apprend que depuis 3 ans la compagnie Co-op de Taxi de Montréal a reçu $53,000 de subsides du Gouvernement Provincial à des taux réduits alors qu'elle se refuse à engager des noirs. La personne qui a autorisé les prêts est Claude Blanchet, le mari de Pauline Marois, qui était alors directeur de la Société de Développement Coopératif. Dans sa demande de fonds, le directeur de Co-op de Taxi de Montréal dit avoir besoin de cet argent pour intégrer 40 chauffeurs qui ont quitté la compagnie SOS se plaignant d'un manque de clientèle dans cette compagnie à cause du grand nombre de noirs en faisant partie. (The Montreal Gazette, 26 Novembre 1983)

 2 mois après avoir perdu 40 chauffeurs blancs au profit de Co-op de Montréal, SOS apprend de la bouche du directeur du centre d'achat Les Galeries Normandie, qu'ils perdent l'exclusivité au poste d'attente "à cause des noirs". Un poste stratégique pour taxi SOS dont le tier des chauffeurs sont noirs. Une partie de l'argent reçu de la Société de Développement Coopératif a pu servir à Co-op de Taxi de Montréal à ravir le poste d'attente à SOS. (The Montreal Gazette, 30 Juin 1983)

 En 1984 Taxi Moderne de Montréal-Nord licencie 24 chauffeurs noirs sous prétexte qu'ils perdent leur clientèle au profit de taxi Co-op de L'Est qui n'engage que des blancs. Les deux compagnies se retrouvent en cour pour faire face à des accusations de discrimination la même année. (The Montreal Gazette, 10 Mai 1984)

L'industrie du taxi a toujours attiré les immigrants. Italiens, Grecs, Juifs et autres Européens en ont profité lors de la vague d'immigration qui a eu lieu après la Seconde Guerre Mondiale. Ils étaient blancs et n'ont eu que relativement peu de difficultés à s'intégrer à la société Québecoise. Lorsque les Haitiens ont débarqué ici dans les années 1970-80, fuyant la dictature des Duvalier, ils ont du faire face à de beaucoup plus grands défis.

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lundi 21 mars 2011

Gérard (Gerry) Brunet, Le Magnat Déchu de Taxis Lasalle

Caricature parue dans The Gazette le 7 nov 1973En 1973 un ancien barman et chauffeur de taxi avait bâti un mini empire de $8 million comprenant cinq garages, 1300 taxis, une compagnie d'assurance, une société immobilière et une compagnie de pièces d'auto. Il possédait aussi un Mini Put!

Né à Frontenac en 1926, Gérard (Gerry) Brunet achète son premier permis de taxi en 1949 pour la somme de $162 et conduit pour Radar Taxis, compagnie qui fût acheté par Taxis Lasalle deux ans plus tard. En 1951, tout en étant barman au Ruby Foos, il en achète deux autres. En 1952 il est barman le soir au fameux Esquire Show Bar de la rue Stanley et étudie la vente immobilière durant le jour. Il devint agent pour Samson Realties jusqu'en 1956, puis contracteur, achetant de vieilles maisons pour les rénover et les vendre ensuite. Il acheta aussi des parcelles de terrain qu'il divisa et vendit en lots.

Taxi LasalleIl est propriétaire de L'Association de Taxis Lasalle depuis 1964. Il a payé $1.3 million "cash" pour l'acquérir. Durant les cinq années suivantes il bâti ou achète quatre nouveaux garages pour servir les membres de l'Association. En 1970 il achète 43 permis de taxis (NDLR: ces permis valent environ $200,000 chacun de nos jours!).
En 1971 il achète le portfolio de la Compagnie d'Assurance Sterling, qu'il renommera Assurances La Concorde pour pouvoir offrir, comme Les Assurances Bélair le font déjà avec Taxis Diamond, des tarifs d'assurance collective plus avantageux à ses chauffeurs.
En 1972 il regroupe le tout dans une société de portefeuille, Brunet-Lasalle Corp. En 1973 il fait la demande pour que le holding soit listé en bourse.
Si un chauffeur ou répartiteur de Taxi Lasalle se comporte mal, il est le premier à le savoir car il a fait installer tous les relais téléphoniques ainsi que l'équipement radio nécessaire dans sa maison de Rosemont. Et il ne se gêne pas pour appeler la centrale au moindre écart. (The Gazette - 7 nov 1973)

Gerry Brunet en 1979En 1980 la Cour d'Appel déclare faux un testament non-notarié le nommant seul héritier d'un montant de $432,000 d'une vieille fille de 83 ans sans aucun lien de parenté avec lui. Aucune accusation ne fût portée à cette occasion.
Au mois de février 1982 il est atteint par balle dans le Garage Rockland qui lui appartient et est situé coin Champagneur et Van Horne à Outremont. La police garde sa chambre à l'hôpital. C'est la deuxième fois au cours du dernier mois qu'on s'en prend à lui. La première fois le tireur l'a manqué. (The Gazette 10 fév 1982)

En 1986 il achète la station de radio lavaloise CKLM am 1570. (archives du CRTC)

Commentaires de Denis-Carl Robidoux (ex-employé de CKLM):
"Gérard Brunet, il a légué la présidence de CKLM à son fils Richard, mais il n'arrivait pas à laisser aller l'autorité.
Entre 1987 et 1992 j'ai travaillé à CKLM am 1570 à Laval, c'était une belle époque pour moi, j'avais beau être mal payé (quand le chèque ne rebondissait pas) et vivre dans un climat de terreur généré par le vieux patron j'ai quand même adoré l'expérience."

Gerry Brunet dans les années 1990En avril 1994, la compagnie CKLM Radio Laval-Montréal Inc., dirigée par Gérard Brunet et détenant la licence de CKLM, déclare faillite. (Wikipedia)

En mars 1999 l'ex propriétaire des taxis Lasalle et du défunt poste de radio CKLM écope d'une peine de cinq ans d'emprisonnement, il a alors 72 ans. Il a reconnu sa culpabilité à six chefs d'accusation de complot et d'incendie criminel. Le millionnaire avait été arrêté en octobre 1995 lors d'une razzia de Carcajou dans le monde des motards. Il frayait avec les Death Riders de Laval et les Hells Angels. Il avait commis les attentats d'incendie contre des propriétés appartenant à des personnes qui lui devaient de l'argent, rue Chateaubriand, rue Armand-Bombardier, rue Baronscourt à Hampstead, à Laval, à Lafontaine, et à St-Hilaire. (La Presse, 24 mars 1999)

Quelle déchéance!

Taxis Lasalle ne s'en est jamais remis. Après être passé aux mains d'autres propriétaires, d'avoir fusionné avec une autre compagnie moribonde, taxis SOS, les deux enseignes sont disparues du paysage urbain Montréalais. Et plusieurs anciens chauffeurs sont sûrement maintenant au volant d'un taxi Diamond, Royal, ou autre!

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