mercredi 17 avril 2013

Années 80 - Racisme dans L'Industrie du Taxi à Montréal

À mes débuts comme répartiteur chez taxi Diamond en 1977 le client était Roi. Il pouvait même se permettre de spécifier la couleur du chauffeur. Les papiers de commande des téléphonistes nous arrivaient avec la mention "pas de noir" et lors de la répartition, si l'accent du chauffeur à la radio nous semblait "exotique", on lui disait qu'on était désolé, mais qu'on devait passer au suivant. Généralement, les chauffeurs visés ne rechignaient pas car ils savaient très bien que si ils se présentaient quand même chez le client, ils se feraient envoyer promener vertement. Cela ne dura que quelques années et la mention raciste fût bientôt bannie chez Diamond. C'était pire ailleurs. D'autres compagnies n'engageaient tout simplement pas de chauffeurs noirs.

En 1982 la compagnie SOS licencia une vingtaine de chauffeurs noirs sous prétexte qu'ils perdaient leur clientèle au profit de compagnies qui n'engageaient que des chauffeurs blancs. Ce qui était vrai. Le directeur de la compagnie Hochelaga l'avoua sur les ondes d'une ligne ouverte cette année là et fût victime d'un attentat dans le stationnement du centre d'achat Les Galeries D'Anjou. Il reçut 2 balles dans une jambe. Devant le tollé médiatique, SOS proposa de réembaucher les chauffeurs. (The Montreal Gazette, 13 Juillet 1982)

En 1983 la Commission des Droits de L'Homme apprend que depuis 3 ans la compagnie Co-op de Taxi de Montréal a reçu $53,000 de subsides du Gouvernement Provincial à des taux réduits alors qu'elle se refuse à engager des noirs. La personne qui a autorisé les prêts est Claude Blanchet, le mari de Pauline Marois, qui était alors directeur de la Société de Développement Coopératif. Dans sa demande de fonds, le directeur de Co-op de Taxi de Montréal dit avoir besoin de cet argent pour intégrer 40 chauffeurs qui ont quitté la compagnie SOS se plaignant d'un manque de clientèle dans cette compagnie à cause du grand nombre de noirs en faisant partie. (The Montreal Gazette, 26 Novembre 1983)

 2 mois après avoir perdu 40 chauffeurs blancs au profit de Co-op de Montréal, SOS apprend de la bouche du directeur du centre d'achat Les Galeries Normandie, qu'ils perdent l'exclusivité au poste d'attente "à cause des noirs". Un poste stratégique pour taxi SOS dont le tier des chauffeurs sont noirs. Une partie de l'argent reçu de la Société de Développement Coopératif a pu servir à Co-op de Taxi de Montréal à ravir le poste d'attente à SOS. (The Montreal Gazette, 30 Juin 1983)

 En 1984 Taxi Moderne de Montréal-Nord licencie 24 chauffeurs noirs sous prétexte qu'ils perdent leur clientèle au profit de taxi Co-op de L'Est qui n'engage que des blancs. Les deux compagnies se retrouvent en cour pour faire face à des accusations de discrimination la même année. (The Montreal Gazette, 10 Mai 1984)

L'industrie du taxi a toujours attiré les immigrants. Italiens, Grecs, Juifs et autres Européens en ont profité lors de la vague d'immigration qui a eu lieu après la Seconde Guerre Mondiale. Ils étaient blancs et n'ont eu que relativement peu de difficultés à s'intégrer à la société Québecoise. Lorsque les Haitiens ont débarqué ici dans les années 1970-80, fuyant la dictature des Duvalier, ils ont du faire face à de beaucoup plus grands défis.

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mardi 1 mars 2011

Compagnies Disparues - Westmount, Lansdowne, Regal




















Le répartiteur Alan Paterson en 1984. Il avait à s'occuper des clients et chauffeurs de trois compagnies: Lansdowne, Regal, et Westmount taxi. Pas de système informatique encore, tout se fait à la main. Heureusement pour lui, même regroupées ces trois compagnies étaient loin d'avoir le rayonnement des grosses associations comme Diamond ou Lasalle, elles servaient principalement Westmount et Notre-Dame-de-Grâce.
Malgré le fait qu'elles se soient réunies pour pouvoir mieux affronter la concurrence, elles n'ont pu résister et deux ont vu leur nom disparaitre complètement, Lansdowne et Westmount taxi. Quant à Regal, bien qu'il ait encore un numéro à l'annuaire, l'appel mène chez taxi Pontiac et les enseignes Regal ont disparu depuis longtemps des toits des taxis Montréalais.

Commentaires de Alan sur la photo:

During rush hours & snow storms ..... an hour went by like 5min!.....(here is some Taxi lingo).....whose lost in the west?........need a car on the hill!.....whose got the gun on three?..... who'll take a firewater delivery!.......car for the Reddy first fly!.......anybody floating east of Papineau?......34 call back in position!......(Super PANIC Busy!!!)..........OK EVERYBODY OFF THE AIR!!....... I'm going to Read the next TEN calls........DON'T pull the Trigger unless you are in the first Fly Zone when you hear the call the second time round.........REMEMBER if you take the Fly......NO PICK-UP's!!!.........or you will be 24hr's off the Air!!......OK GIRLS here we Go!!..........Redfern / Metcalfe / Forden / Trafalger / Wood / Northcliff / Belmont / Argyle / Grosvenor / Boulevard 44hundreds / :-) :-)

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