mercredi 1 août 2007

Québec encouragera l’achat de véhicules hybrides

Sur les 4500 taxis de Montréal, seulement cinq ou six sont des véhicules hybrides à l'heure actuelle.

Nadielle Kutlu

La Presse

Transports Québec veut inciter les propriétaires de taxis à prendre un virage vert. Le gouvernement peaufine actuellement un programme d’aide financière qui leur permettra de se doter de véhicules hybrides.

«C’est la première fois qu’un programme de cette nature est mis sur pied au Québec», indique France Dompierre, cadre au ministère des Transports.

Les autobus scolaires, les compagnies d’autobus privées et publiques et les services de partage de voitures comme Communauto sont aussi dans la ligne de mire du gouvernement, a appris La Presse. Les véhicules individuels ne font toutefois pas partie du programme.

Ce plan d’action coûtera 25 millions sur cinq ans, soit 5 millions par année.
Il relève de la Politique québécoise du transport collectif et entrera en vigueur à l’automne.

Un véhicule hybride qui est doté d’un moteur électrique couplé à un moteur à essence, consomme moins de carburant qu’un véhicule ordinaire, mais coûte plus cher. Le gouvernement compte donc subventionner 50 % de la différence du prix, jusqu’à un plafond qui reste à déterminer. Mme Dompierre souligne en effet qu’il existe plusieurs gammes de véhicules hybrides.

«On veut susciter un intérêt», poursuit-elle. L’ensemble du programme doit être approuvé au début de l’automne par la ministre des Transports, Julie Boulet. Le Ministère et ses partenaires étudient encore plusieurs questions, afin de déterminer notamment qui pourra bénéficier de cette aide, sous quelles formes et à quelles conditions.

«L’entreprise devra aussi s’engager à garder le véhicule pendant un certain nombre d’années», ajoute France Dompierre.

«Est-ce que cette mesure créera un mouvement important ? Il faudra attendre et voir sur le terrain, affirme Daniel Bouchard, directeur général du Comité provincial de concertation et de développement de l’industrie du taxi. Si l’économie d’essence justifie l’investissement, c’est sûr que les propriétaires seront intéressés.»

Mais il rappelle que la technologie hybride est encore peu connue.

En effet, sur les 4500 taxis de Montréal, seulement cinq ou six sont des véhicules hybrides. Dans la région de Québec on en compte trois ou quatre, souligne M. Bouchard. Selon ce dernier, nous sommes encore loin des villes américaines comme New York, où tous les taxis seront munis d’un moteur hybride d’ici cinq ans. «Il faudrait, dit-il, que le programme soit beaucoup plus agressif, avec une implication des villes.»

Du côté de la Ville de Montréal, on confirme qu’il n’existe aucun programme de subvention pour encourager l’achat de taxis hybrides. «Et il n’y a rien de prévu à court terme», dit Isabelle Poulin, porte-parole à la Ville.

Chez Taxi Diamond qui regroupe près 1100 voitures, une seule est hybride . Le président Dominique Roy n’était d’ailleurs pas au courant de l’aide financière prévue. Il faut dire que le programme n’a pas encore été officiellement lancé.

Selon le journal Les Affaires, le quart des taxis de Montréal sont des Camry de Toyota. Cette voiture, qui coûte 26 000 $, consomme 8,2 litres d’essence aux 100 km. Le même modèle en version hybride consomme 5,7L/100 km, mais coûte 32 000 $.

Chez Communauto, le prochain achat de voitures aura lieu en 2008. «On n’a pas encore pris de décision pour les voitures hybrides, mais on s’oriente dans ce sens», indique le porte-parole de l’entreprise à Montréal, Marco Viviani.

Du côté des autobus scolaires, le programme est accueilli plutôt froidement «Il n’existe pas d’autobus scolaires hybrides. Ça me surprendrait vraiment qu’on se tourne vers cette voie», lance Bernard Dubé, président d’Autobus Thomas, un fournisseur d’autobus.
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